En 2010, dans le cadre de la réforme des retraites, l’association [im]Patients, Chroniques & Associés a rappelé au gouvernement qu’il existe en France 15 à 28 millions de personnes atteintes de maladies chroniques. Or ces dernières ont été complètement absentes du projet de réforme.
La légitimité de l’augmentation de la durée de cotisation repose sur l’augmentation de l’espérance de vie. Comment est-il possible d’avoir oublié que, du fait de l’allongement de l’espérance de vie et des progrès de la médecine, il y a et il y aura de plus en plus de personnes vivant de nombreuses années avec une maladie chronique ?
L’association a en effet constaté que les personnes ayant une maladie chronique rencontrent des difficultés particulières de précarisation professionnelle et, plus largement, sociale. En effet, l’impossibilité pour ces personnes de prévoir l’évolution de leur maladie, et de pouvoir aménager autant que possible les soins, les aléas de leur affection, l’apparition d’un handicap, etc. avec leurs conditions de travail est une réalité du quotidien.

De surcroît, elles sont susceptibles d’avoir connu des périodes d’arrêts de travail et d’invalidité forcées, durant lesquelles le niveau de cotisation est moins important que si elle était encore en poste. Les indemnités journalières et les pensions d’invalidité se substituent alors au salaire et ne sont pas prises en compte dans le salaire de base intervenant dans le calcul du montant de la pension de retraite.

Cette fragilité a des conséquences sur le niveau des revenus, alors même que ces personnes ont à faire face à des dépenses supplémentaires par rapport à quelqu’un en bonne santé. Enfin, si, leur affection ne trouve pas forcement son origine dans la profession qu’elles exercent, toutes les personnes atteintes de maladies chroniques sont bien « usées » prématurément ! Cela a évidemment un impact sur leurs droits à la retraite.

C’est pourquoi [im]Patients, Chroniques & Associés a demandé en août 2010 par une lettre ouverte envoyée à Eric Woerth, alors Ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique et à l’ensemble des députés :

-le rétablissement d’une égalité de fait pour le calcul de la pension de retraite des personnes vivant avec une maladie chronique ;
-la pleine compensation de la maladie et du handicap au cours de la carrière mais aussi pour la retraite ;
-la conservation a minima du niveau de ressources que les personnes percevaient avant leur passage à la retraite (impossibilité de recevoir une pension de retraite inférieure à la pension d’invalidité par exemple) ;
-la prise en compte de l’espérance de vie en bonne santé, plus faible pour les personnes touchées par une maladie chronique, dans le calcul des droits à la retraite ;
-la validation de l’ensemble des périodes non travaillées du fait de la maladie.

L’association regrette de ne pas avoir été entendue comme elle l’aurait souhaité. Pour autant, [im]Patients, Chroniques & Associés maintient la pression sur les instances politiques sur cette question notamment par le biais de notre Livre blanc « Vivre comme les autres »,outils revendicatif à la cause des 15 à 28 millions de personnes atteintes de maladies chroniques en France.

Damien DUBOIS